Des mots dans mes nuages

Dubai, Berlin… un envol vers d'autres cieux


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La bohème

Un café berlinois. Avec des petites tables en bois… des meubles qui ont déjà eu une vie, avant… ici un sofa égratigné, là une étagère qui retient mollement quelques livres fanés.

On y sert du café dans des tasses en porcelaine dépareillées… on dépose des parts de gâteaux sur les fleurs anglaises d’assiettes aux liserés dorés. Un parfum de brocante se mêle aux fumées chaudes des cappuccinos que portent à leurs lèvres des jeunes filles aux collants troués.

La clientèle se fond doucement dans le décor, pose ses tatouages et l’énergie rebelle de ses jeunes années dans ce cadre désuet, devant de vieux napperons en crochet. La bohème, c’est bourgeois, parfois, et parfois pas. Mais c’est bien là, palpable, dans les cafés berlinois.

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Bulle de savon

Ces pêcheurs là sortent toujours par temps sec, et vont s’installer sur une place, dans un parc, devant un monument. Selon l’emplacement et les filets utilisés, la pêche n’est pas la même… touristes, adolescents ou ribambelles d’enfants se laissent tour à tour attraper.

Tous sont attirés par ces formes instables et fragiles, presque rien, juste un peu de matière savonneuse qui s’échappe des mailles… puis ondule et glisse dans le vent. A chaque vague nouvelle, ils sautent, courent, tendent les mains vers l’appât malicieux qui sans cesse se dérobe. Les bulles sont irresistibles… aussi belles qu’un mirage. A peine effleurées, elles éclatent sous les doigts, ne se laissant jamais capturer.

C’est ainsi, c’est toujours le pêcheur qui gagne à ce jeu là !

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La ville sous l’eau

On raconte que Berlin est une ville engloutie…

Que la rivière, les lacs alentours, n’en sont que la partie visible… Que l’eau est partout, effleurant la surface de la terre, prête à surgir, et que chaque construction implique d’extraire du sol des quantités folles de liquide.

On raconte que cette eau coule au dessus de nos têtes, qu’elle file à bonne hauteur dans des tuyaux de couleur… que plus on creuse, plus les conduits roses, bleus, mauves se multiplient… et que nous autres, pauvres berlinois, sommes condamnés à vivre ainsi, entre deux eaux.

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Réconfort

Plonger dans un Ingwer Zitrone Tee… y glisser la pointe d’un orteil, puis se laisser couler tout entier dans l’eau chaude. Le verre est si grand, profitons-en !

Les morceaux de gingembre se dérobent sous les pieds, leur léger frottement diffuse un parfum puissant,  épicé.  A la surface, les triangles de citrons s’entrechoquent doucement, leurs petits coussins spongieux sursautant au moindre mouvement. Il faut les pousser un peu, se faire une place contre la paroi transparente, pour pouvoir se détendre tout à fait.

Fermer les yeux quelques minutes, le menton calé sous l’eau,  et laisser la magie opérer. Après cette petite pause, il sera sans doute plus facile de repartir dans l’hiver, revivifié par les notes piquantes de ce mélange. Mais pas question de sortir tout de suite, il fait tellement bon dans l’infusion gingembre-citron.

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Bruit blanc

Insensiblement, dès que la neige commence à tomber, le monde se referme sur nous.

Emmitouflés dans nos cocons de laines épaisses, de capuches, de fourrure, notre perception de ce qui nous entoure est soudain altérée. Notre champ de vision diminue, on bouge moins aisément, entravés par nos enveloppes d’hiver… Même notre ouïe est gênée, les sons qui nous parviennent sont un peu étouffés, en partie absorbés par l’atmosphère cotonneuse.

C’est une sorte de scaphandre qui se forme autour de nous, qui bouscule nos sensations, qui change tout… Alors on se concentre sur notre respiration, sur nos pensées. On est chacun dans sa bulle, sous les flocons en suspens.

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Le temps des rois

Elle roule, elle roule, la galette, loin de chez elle, dans d’autres contrées, d’autres sphères, elle continue sa course à travers le monde. Tous les français la cherchent, les fêtes de Noël passées. Elle est la lumière de janvier, ronde, chaude et dorée.

Elle roule, elle roule, la galette, et on veut tous la croquer. Scruter les parts bombées, sentir le feuilleté s’émietter sous les doigts. Porter la couronne de papier, peut-être ? Choisir ou être choisi… jouer un peu.

Elle roule, elle roule, la galette, et nous, les français d’ailleurs, nous courons derrière elle, nous filons sa trace blonde au milieu de l’hiver, heureux de l’écouter en chemin nous chanter son histoire… notre histoire.

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Winter is coming

Nous voici aux portes de l’hiver. C’est à nous de jouer à présent, la nature nous laisse les clefs. Bientôt elle sera nue et monochrome, il nous faut prendre le relais et faire preuve de créativité.

Déroulons donc sans attendre guirlandes et écharpes de laine bariolées, et allumons des bougies pour retrouver un peu de la lumière perdue. Habillons les sapins puis lançons des cotillons, confectionnons des puddings et des pains plein d’épices, faisons sauter des crêpes, enfournons des galettes.

Il faudra redoubler d’énergie pour égayer les mois à venir, pour y mettre de la couleur, du goût, des odeurs… et dans quelques temps nous pourrons relâcher nos efforts. Le soleil reprendra possession des lieux et nous pourrons à nouveau redevenir paresseux, nous détendre sous les pommiers en fleur, sur un lit d’herbe tendre.

Arbre Berlin

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